En juin 2025, la directive européenne "Green Claims" a été abandonnée. C'était réel, et c'était un recul. Mais ce n'est pas toute l'histoire — et ce serait malhonnête de s'arrêter là.
Le texte, en discussion depuis janvier 2023, devait obliger toute entreprise à prouver ses allégations écologiques avant de les afficher. Fini le "climat neutre" sans méthodologie publiée, fini le "100% naturel" sans certification derrière. Le 18 juin 2025, le PPE (le plus grand groupe politique du Parlement européen) a demandé son retrait pur et simple. La Commission a dit oui, puis quelques heures plus tard, non — elle soutiendrait le texte, mais seulement si les 30 millions de micro-entreprises européennes en étaient exemptées. Depuis, plus rien. Le texte est suspendu dans le cadre du "programme de simplification" lancé par la Commission début 2025.
Mais une autre directive, elle, n'est pas morte
Voici ce qui se perd souvent dans le bruit autour de "Green Claims" : il existe un deuxième texte, plus ancien, qui n'a jamais été remis en cause. La directive "Empowering Consumers" (UE 2024/825) a déjà été adoptée en 2024, les États membres avaient jusqu'à mars 2026 pour la transposer en droit national — et à partir du 27 septembre 2026, elle s'applique dans toute l'UE, Allemagne comprise, avec des amendes pouvant aller jusqu'à 4 % du chiffre d'affaires annuel.
Elle interdit presque exactement ce que "Green Claims" voulait interdire, avec moins de communication autour : les mots génériques comme "durable" ou "éco-responsable" sans preuve immédiatement visible, les promesses de "neutralité climatique" fondées uniquement sur la compensation carbone, et les éco-labels inventés en interne sans certification indépendante derrière. Bruxelles n'a donc pas enterré l'idée — seulement le plus ambitieux des deux textes censés la faire appliquer.
Ce qu'on fait déjà — avant que ce soit obligatoire
Chez Singulaar, notre cuir est certifié LWG Gold — la certification la plus exigeante du Leather Working Group, pas une auto-déclaration. On s'engage sur 1 kg de plastique en moins dans l'océan par paire vendue, un chiffre qu'on peut expliquer et qu'on assume, pas un slogan flou. Et on le dit clairement : le cuir n'est jamais une matière neutre pour l'environnement. On ne prétend pas avoir résolu ce problème. On prétend savoir précisément où il se situe, et travailler à le réduire plutôt qu'à le maquiller.
C'est plus lent, et honnêtement plus cher, que d'écrire "green" sur une boîte. Jusqu'à récemment, c'était aussi facultatif. À partir du 27 septembre, ça ne le sera plus — pour nous, rien ne change, puisqu'on le fait déjà. Pour ceux qui n'ont jamais fait qu'écrire "durable" sans jamais le prouver, tout change.
Bruxelles a eu l'occasion de rendre ce mot vérifiable pour tout le monde. Sur "Green Claims", elle a choisi la simplification. Sur l'autre directive, elle n'a plus ce choix — celle-là est déjà une loi.
Publié le 24 juillet 2026 — mis à jour le 21 août 2026.



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